Vue aérienne d’une section du port artificiel “Mulberry” à Arromanches, juin 1944.
Source : Australian War Memorial – domaine public (Accession No. P05052.008).
Une prouesse d’ingénierie maritime
Au printemps 1944, les forces alliées mettent en œuvre l’un des projets d’ingénierie maritime les plus ambitieux du XXᵉ siècle : la création de ports artificiels sur les côtes normandes afin de soutenir le débarquement et l’approvisionnement des troupes.
Parmi les éléments structurants de ces ports figurent de grands caissons en béton armé, appelés caissons Phoenix.
Construire à terre, installer en mer
Ces structures étaient :
construites à terre, principalement au Royaume-Uni ;
remorquées individuellement à travers la Manche ;
immergées et positionnées sur site ;
disposées successivement pour former une digue artificielle.
Chaque caisson reposait sur sa masse propre et son assise sur le fond marin.
L’assemblage se faisait directement en mer, dans des conditions techniques exigeantes.
L’alignement de ces éléments permettait de dissiper l’énergie de la houle et de créer une zone abritée.
Une référence du génie maritime
Le port artificiel d’Arromanches (Mulberry B) a démontré qu’il était possible :
– d’industrialiser la fabrication d’ouvrages maritimes lourds ;
– d’organiser leur transport à grande échelle ;
– de coordonner leur mise en place en environnement ouvert.
Cette réalisation exceptionnelle, portée notamment par l’ingénierie britannique, demeure une référence majeure du génie maritime moderne.
Les vestiges visibles aujourd’hui au large d’Arromanches rappellent cette capacité à concevoir et à déployer rapidement des infrastructures lourdes en mer.
Héritage et continuité technique
Si les contextes diffèrent, certains principes demeurent actuels :
préfabrication à terre ;
rationalité logistique ;
maîtrise des opérations critiques en mer ;
compréhension des contraintes hydrodynamiques.
Les caissons Phoenix ne constituent pas un modèle à reproduire, mais un exemple marquant d’adaptation de l’ingénierie aux contraintes maritimes.
Ils font désormais partie du patrimoine maritime et historique normand.
